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E-Logistique : un secteur en plein essor

12 février 2021

Tendances E-Logistique
EuraTech

Pour créer et maintenir leur compétitivité sur le marché et relever de nouveaux défis, les entreprises se penchent sur les avantages de la e-logistique, glissement 2.0 de la logistique traditionnelle vers les besoins spécifiques du e-commerce et du transfert de biens vers les acheteurs. 

A la différence de la logistique traditionnelle qui a adopté un modèle de distribution basé sur l’offre, la e-logistique s’articule autour de la demande. Dans les deux approches diffèrent la typologie de livraison, la connaissance de la clientèle, le service client, le modèle de distribution, la gestion des flux et l’inventaire, la concentration des destinations, la régularité des demandes et la prévisibilité des commandes.

E-logistique

*source : E-Logistics and E-SCM : How to increase competitiveness

 

Le segment de la e-logistique en France

Intrinsèquement liés, l’e-commerce et la e-logistique vont de pair. La région Île-de-France représente près de la moitié du marché et le corridor logistique Lille / Paris / Lyon / Marseille forme la colonne vertébrale de la France en matière de transport de marchandises. Cet axe logistique historique peut s’expliquer par la position stratégique dans l’organisation des flux et de service des principaux centres de consommation.

Carte logistique

Le corridor concentre une grand partie de la logistique en France : la part des entrepôts de plus de 5 000 m2 représente entre 11% et 27% des locaux commerciaux construits en fonction des services du corridor (évaluation faite entre 1991 et 2015).

Le Nord de la France, la région Ile-de-France ainsi que certaines parties du Centre, Régions Bourgogne, Rhône-Alpes et PACA constituent une bande continue de logistique.

Les régions Aquitaine et Alsace ont également des parts importantes. L’existence de ces sous-marchés peut s’expliquer par leur localisation, la première permet l’accès rapide à l’Espagne et au Portugal, la seconde fait partie de la mégalopole européenne.

Racines de la e-logistique

1/ L’explosion du e-commerce

L’augmentation inexorable du e-commerce pendant la dernière décennie, l’élargissement des gammes de produits et la crise du COVID-19 ont fait exploser la demande et remodelé toute l’industrie logistique.

Si la part de revenu qui revient dans une vente de e-commerce est plus conséquente – de l’ordre de 12 à 20$ pour 100$ contre 3 à 5$ pour une vente traditionnelle – les processus de gestion en sont plus complexes. Ainsi, les premiers aménagements réalisés artisanalement par les entreprises de logistique pour répondre à la demande, développer une nouvelle activité complémentaire à leurs services de transport et se positionner sur ce nouveau marché ne suffisent plus. Le passage d’un modèle BtoB à un modèle BtoBtoC dans un volume de transactions physiques et informationnelles – qui ne cesse de croître – nécessite la mise en œuvre d’une organisation et de moyens qui lui sont propres. L’automatisation pourrait être une réponse aux exigences de plus en plus fortes du consommateur et garantir leur marge.

2/ La pénurie de main-d’œuvre

Les manutentionnaires arrivent en 7ème position des métiers les plus recherchés en France tous secteurs confondus (source : Pôle Emploi).

Certaines des plus grandes installations de commerce électronique ont actuellement besoin de 2000 à 3000 équivalents temps plein, soit un ordre de grandeur supérieur à celui qu’emploient les centres de distribution traditionnels et doivent ajouter encore plus de travailleurs pendant la période de pointe des vacances, lorsque la main-d’œuvre est la plus rare.

L’automatisation semble encore être une réponse à cette pénurie. Reste que sur le long terme et gageant que l’automatisation prendra de l’ampleur, elle aura des conséquences sur l’emploi, même si l’on peut tabler sur la reconversion vers des métiers de mise en œuvre et maintenance de ces équipements.

3/ Démocratisation de l’automatisation et de l’intelligence artificielle

Si le nouvel entrepôt entièrement automatisé d’Ocado Retail qui témoigne d’une accélération dans l’adoption de l’automatisation et de l’intelligence artificielle qui lui est associée est encore une exception, il pourrait devenir la norme dans les prochaines années. Cette accélération se constate aussi par la dynamique qui existe sur ce marché par le développement de nouvelles offres par d’autres entreprises telles que CommonSense Robotics, GreyOrange, XPO Logistics ou Exotec.

L’automatisation et l’IA sortent également des entrepôts, que ce soit en amont ou en aval. Aux USA, Luminar Technologies, un des leaders mondiaux des technologies LIDAR s’associe avec Daimler Truck AG, un des plus importants constructeurs de véhicules utilitaires au monde, pour concevoir des camions hautement automatisés.

L’IA peut être utilisée pour la planification et la prédiction des itinéraires ainsi que pour jouer un rôle-clé dans la gestion des entrepôts grâce à la prédiction de la rotation des approvisionnements.

Des sociétés comme Swanleap proposent un logiciel de gestion de transport (TMS) prédictif qui permet aux logisticiens d’assurer une livraison « à la demande » en anticipant les risques et en maîtrisant les coûts.

Des technologies à foison

Les technologies applicables au domaine de la logistique ne manquent pas mais l’adoption de ces innovations n’est pas arrivé à maturité pour chacune d’entre elles.

Maturité des tech e-logistique

 

Plus de 50 technologies pourraient automatiser davantage une partie de la chaîne d’approvisionnement, dont beaucoup dans le domaine de la logistique. Toutes sont bien plus qu’un simple clin d’œil à un technologue, mais aucune n’est encore d’usage courant.

Il est certain qu’un tel foisonnement technologique procure de nombreuses opportunités, tout en apportant son lot de questionnements et de doutes sur les (bons?) choix à faire et leur ROI immédiat et à long terme.

10 technologies qui peuvent révolutionner la gestion d’entrepôts

  1.  Multishuttle system : Généralement utilisé avec un système de stockage et de récupération automatisé (AS/RS) qui déplace des marchandises (principalement sur des palettes) en 3 dimensions pour stocker et récupérer des articles sans intervention humaine.
  2. Analytics Tools : Algorithmes qui aident les opérateurs à analyser les performances, à identifier les tendances et à faire des prévisions qui éclairent les décisions d’exploitation, en s’appuyant sur le machine learning pour s’améliorer au fil du temps.
  3. Smart Storage : Des solutions de stockage qui utilisent des outils analytiques et numériques avancés pour placer et récupérer des articles de la manière la plus efficace possible, en ajustant les supports de stockage en fonction des caractéristiques du produit, du prélèvement et de la commande.
  4. Management System : Des systèmes analytiques et numériques qui intègrent des outils d’analyse, de rapport de performance et de prévision, permettant aux gestionnaires de contrôler facilement un entrepôt entier.
  5. Blockchain : La blockchain, par l’utilisation des « smart contrat », automatise le suivi contractuel des opérations de logistique, en améliore la finesse et en diminue les coûts administratifs. En l’associant à l’IoT, elle  pourrait permettre de répondre aux besoins de traçabilités (Vol, fraude, sécurité sanitaire, etc…).Des solutions comme Shipchain ou Ownest s’adossent aux logiciels de WMS* ou de TMS**.
  • *** Warehouse Management System
  • Transport Management System

 

6. Optical Recognition : Capteurs qui scannent les articles  pour effectuer le tri et autres opérations logistiques. Interviennent dans le pilotage automatisé de lignes de convoyage, de véhicules ou de  drones.

7. Drones : Grâce à un ensemble de capteurs embarqués dont  une caméra, les drones réalisent des inventaires en toute autonomie. Fréquence des inventaires et précision augmentées, qualité des informations de stockage en net progression, à un coût moindre.IKEA et DSV ont expérimenté succès la solution de Verity fondé par un ancien d’Amazon Robotics.

8.Swarm *AGV & **AMR : Véhicules autonomes guidés qui fonctionnent librement ou sur des pistes numériques pour amener des articles (souvent à partir d’un rayonnage de stockage) à un poste de prélèvement sur la base des instructions du logiciel de flux de commandes*Autonomous Guided Vehicle
**
Autonomous Mobile Robot

  1. Smart Glasses : Des lunettes qui augmentent et aident les préparateurs dans leur quotidien  – par exemple, en affichant des indications sur les lieux de stockage pour le picking – réduisant les inefficacités de recherche
  2. Picking Robots : Des systèmes avec des bras robotiques qui imitent le mouvement de l’homme. Les robots de picking peuvent être fixes (alimentés par un AGV ou AMR) comme celui de Bastian Solutions ou mobiles (se déplaçant vers le stockage pour prélever des articles) comme celui de de Boston Dynamics

 

La robotisation, une tendance de fond

Selon un rapport de la Fédération Internationale de robotique (IFR), le marché des robots sur le segment de la logistique est en forte croissance : en 2019, ce segment a augmenté de 110% pour atteindre 1,9 milliard de dollars. La tendance sur les quatre prochaines est à une hausse annuelle de 40% et à multiplication par 3,5 des robots. Cette tendance haussière était déjà portée par le développement de l’industrie 4.0 et la e-logistique. Tout laisse à penser que la COVID-19 n’a fait que renforcer ce mouvement.

Par ailleurs, plusieurs facteurs économiques qui ne feront que s’amplifier au fur et à mesure que les technologies numériques utilisées dans et à la périphérie de ces robots se démocratiseront, incitent les entreprises à investir :

  • un investissement amorti sur 2 à 3 ans,
  • une durée de vie de 15 ans,
  • une disponibilité opérationnelle pouvant atteindre 98% et plus
  • des modèles de commercialisation RaaS (Robotics as a Service) ne nécessitant pas d’investir dans du matériel, pas de coûts fixes et pas besoin d’opérateurs de robots.
Robot e-logistique

Seegrid Corporation, le leader des robots mobiles autonomes (AMR) pour la manutention a annoncé le doublement de son chiffre d’affaires en 2020 pour la 2ème année consécutive. La croissance de Seegrid reflète la demande accrue des entreprises de fabrication, de e-commerce et de logistique pour des solutions d’approvisionnement, qui ont été exacerbées par la pandémie COVID-19 et l’évolution constante des demandes des consommateurs.

 

Les levées de fonds des start-ups en logistique et livraison ont été conséquentes sur les 3 dernières années au niveau mondial, en 2019 au niveau national. On constate en cours d’année 2020 un fléchissement. Par ailleurs, l’International Federation of Robotics  (IFR) dans son dernier rapport recensent 889 fournisseurs de robots de service dont 183 start-up.

 

Répondre aux exigences du e-consommateur

Le consommateur français attache en moyenne plus d’importance aux délais de livraison que son voisin européen :

  • 46% partent d’un site à cause d’un délai de livraison trop long
  • 31% abandonnent leur achat si ils ont vécu une expérience négative avec les transporteurs proposés; un chiffre nettement supérieur à la moyenne européenne.
  • 53% lisent toujours la politique de retour du site marchand avant d’effectuer un achat
  • 4,7 jours, délai maximal attendu pour une livraison standard
  • Pour le consommateur français, les principales raisons de choix d’un site marchand plutôt qu’un autre sont :
  • 90% les coûts de livraison
  • 82% la rapidité de la livraison
  • 73% la flexibilité dans le choix des options de livraison (livraison le lendemain, ramassage, livraison le week-end).
  • L’acheteur en ligne français est réticent à commander sur un site marchand étranger à cause de :
  • 55% frais de livraison jugé trop élevés
  • 42% des éventuels droits de douane
  • 35% délai de livraison jugé trop long

 

L’enjeu du dernier kilomètre

  • Le dernier kilomètre ou dernier miles ((aux États-Unis et au Royaume-Uni) ou logistique urbaine font référence au dernier maillon dans la chaîne logistique du e-commerce.
  • Plus de 100 milliards de colis livrés en 2020, avec une projection à 200 milliards en 2030
  • 50% de la congestion urbaine et 25% des émissions de CO2 sont liés aux véhicules de livraison.
  • Il est si important qu’Alibaba et Amazon ont l’intention de l’internaliser.
  • C’est la partie la plus coûteuse de la chaîne d’approvisionnement : en Europe il  représente 50 % ou plus des coûts totaux de la chaîne d’approvisionnement.
  • Le poids mort du « STEM Distance » : temps entre l’entrepôt et la première livraison, la partie la moins rentable. L’objectif est d’atteindre 30 minutes et moins.
  • Le déploiement des entrepôts urbains pour répondre à l’objectif des 30 minutes : de 3000 à 9000 m2, implanté à l’intérieur ou en périphérie de grandes zones métropolitaines.
  • Optimisation des tournées, plus particulièrement la problématique du « empty run ».
  • Diminuer l’empreinte carbone (Green Logistics), augmenter la rentabilité.
  • Un des enjeux inscrit dans la «  Stratégie nationale de développement de la mobilité routière automatisée 2020-2022 » : développement de solutions de transport automatisé pour la livraison du dernier km en centre-ville supervisé à distance.

Multiplication des expérimentations de modes alternatifs automatisés de livraison :

– par drones : Amazon Prime Air (USA) , Wing (Google, USA), DHL (Chine), Walmart (Zipline , USA),  GeoPost (Var, Isère), Survey Copter-Airbus (Nord);

– par véhicules autonomesWalmart et Cruise (flotte de véhicules électriques, USA) , XL Parts (pièces détachées pour l’automobile) et Udelv (USA);

– par robots autonomes (Autonomous Delivery Robots) : CVS Pharmacy et Nuro (USA), Shopify – Ordermark  et Kiwibot (USA), Ville de Milton Keynes et Startship (UK);

  • 49 milliards $ de revenues générés en 2020 par les livraisons automatisées.


Et pourquoi pas le parachutage !

Faire atterrir le paquet, pas l’avion. Voilà le concept sur lequel s’appuie Dash shipping  pour proposer des largages aériens de haute précision à faible coût. S’inspirant des technologies militaires de visées de précision, DASH systems a développé un logiciel de guidage et une palette intelligente adaptable sur des avions, hélicoptères ou drones, garantissant un largage précis et en toute sécurité. Sa technologie a été utilisé dans le cadre de situations d’urgence. L’ambition est de faire adopter par les logisticiens, les grands du retail et du e-commerce, afin d’être en mesure d’assurer un service de livraison optimal, quelque soit le type et la situation géographique du point de livraison, domicile, magasin, entrepôt urbain, isolé, difficile d’accès ou centre urbain congestionné.

 

E-Logistique : Startup en MEL

Woop, agrège sur une interface les offres de livraison de ses transporteurs partenaires. Cette interface est également connectée aux systèmes informatiques de ses clients. Un algorithme, qui analyse en fonction des besoins définis par chacun de ses clients ( le prix, le recours à des transports doux…) les différents devis, sélectionne la meilleure offre.  Woop assure ensuite la répartition de tous les ordres de transports par une connexion directe avec les transporteurs.

Woop compte aujourd’hui une dizaine de clients (Auchan, Leroy Merlin, Norauto…) et 200 points d’expédition de tous types : magasins, entrepôts, drives…

En 2021, Woop ambitionne de tripler son maillage territorial avec un enjeu de massification et de densification et vient de s’implanter en Belgique.

Création :  2019 – Lille – Equipe : 10 personnes

Exotec déploie sa flotte de robots mobiles collaboratifs SKYPOD dans les entrepôts de ses clients pour améliorer leur productivité. Déplacement en 3 dimensions, vitesse de déplacement optimisée, densification des espaces de stockage   permettent d’augmenter cette productivité d’un facteur quatre.

Exotec cible les secteurs de la distribution et du e-commerce, dont l’habillement, l’e-commerce alimentaire, l’industrie pharmaceutique, l’électronique, ou encore l’industrie manufacturière.

Portée par une forte demande au Japon et aux Etats-Unis, Exotec prévoit d’augmenter ses capacités de production de son usine de 6000 m2 à Croix jusqu’à 4 000 robots par an d’ici fin 2021.

Création : 2015 – Croix – Équipe : 200 pers. C.A : 100 M€

Yper est une plateforme qui propose d’acheminer courses et colis aux clients depuis les drives et les commerces de proximité.

Le fonctionnement de la société est basé sur une communauté de plus de 150 000 livreurs particuliers, les shoppers, qui acheminent les courses d’autres particuliers sur la base du volontariat, en fonction de leur emploi du temps et sont rétribués sous forme de cagnotte.

Yper couvre une grande partie du territoire national, notamment les zones rurales et périurbaines, et compte plusieurs milliers de commerces : supermarchés, drives, épiceries, fleuristes, cavistes, chocolatiers et bien d’autres commerces de proximité.

Yper propose également des solutions pour répondre aux besoins de la logistique du dernier kilomètre.

Création : 2016 – Roubaix – Équipe : 42 personnes

Colisweb propose, grâce à une API simple de mise en œuvre, aux e-commerçants une solution de livraison en moins de 2H ou sur rendez-vous le jour même. L’optimisation des flux logistiques s’effectue par la mutualisation et un algorithme d’allocation de charge développé en partenariat avec l’INRIA.

Cette optimisation, outre de garantir les délais de livraison, permet de réduit l’encombrement urbain et apporte un confort de travail aux coursiers limitant les risques d’accident.

La solution de Colisweb est connectée en temps réel au réseau de coursiers professionnels existant dans plus de 15 grandes agglomérations françaises.

Création : 2012 – Lille – Equipe : 47 personnes – CA : 3,45 M €

Impacts

  • L’accroissement du e-commerce, renforcé par la COVID-19, engendre de fortes contraintes sur les chaines logistiques.
  • Pour répondre à ces contraintes , les acteurs de la e-logistique se tourne à marche forcée vers l’automatisation, que ce soit des flux physiques ou informationnels.
  • A court et moyen terme , la démocratisation de certaines technologies (AGV, cobotique, IA, IA embarquée, Big Data, cloud computing, AR/VR, nouvelle génération de capteurs ) offrent de multiples solutions.
  • A plus long terme, de nouvelles d’opportunités grâce à l’arrivée de nouvelles technologies : LIDAR, AMR, véhicules autonomes, AR/VR holographique, edge computing, 5G, WiFi 6
  • Mais aussi de nouvelles problématiques à gérer et des questionnements sur leur ROI.
  • La cybersécurité sera un élément incontournable de cette numérisation, au risque, si ce n’était pas le cas, de s’exposer à des situations chaotiques.
  • Demande forte d’expertises technologiques et de gestion de projets complexes pour en tirer toute l’efficience, en gérer les risques et amener une vision globale des chaines logistiques.
  • Cette numérisation, si elle permettra de répondre dans un premier temps à une carence de main–d’œuvre, se devra d’accompagner les métiers en mutation et / ou amener à disparaitre.
  • L’acceptance par les citoyens, la réglementation, l’adaptation urbanistique, la sécurisation des usages pour la généralisation des AMR ou véhicules autonomes sont autant de chantiers encore à mener à terme.

 

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