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Core For Tech : une deep tech qui a pour mission de sécuriser les routes

16 septembre 2020

Nicolas Vera, DG de Core For Tech, revient sur l’opportunité qui lui et son équipe ont eu pour créer une startup en s’appuyant sur des recherches fondamentales autour de la mesure du rythme cardiaque.

Nicolas Vera, Directeur Général de Core For Tech
EuraTech

Il suffit parfois d’une rencontre pour mettre en route un projet. C’est le cas pour les fondateurs de Core For Tech qui ont débuté leur aventure entrepreneuriale suite à une rencontre avec des chercheurs du CHR spécialisés dans l’étude du rythme cardiaque. Éclairages sur cette startup innovante avec Nicolas Vera, directeur général de Core For Tech.

Pouvez-vous nous expliquer la genèse de Core For Tech ?

Core For Tech est née en 2015 suite à une rencontre avec des chercheurs de l’Inserm et du Centre Hospitalier de Lille. Leurs travaux sur l’étude du cœur et de la variabilité cardiaque montraient que l’on peut mesurer le stress et le confort de manière continue, laissant imaginer que le traitement de ce type d’information pouvait jouer un rôle dans différentes industries. Nous avons alors commencé à réfléchir aux possibilités d’exploiter cette variabilité cardiaque dans les métiers du marketing et du transport.

Et puis en rencontrant des acteurs du transport, nous avons été convaincus que le problème de l’endormissement au volant était une problématique majeure qui n’était pas – ou mal- adressée. En réflexion avec les équipes du CHR nous avons décidé de nous concentrer sur ce problème. Nous sommes donc repartis sur plus de 12 mois de R&D avec eux pour développer un indice de mesure et de prédiction de l’endormissement au volant. Début 2019, nous avions alors un modèle fondateur pour Core For Tech.

Quelles sont vos missions et vos offres ?

Notre mission est de l’ordre de la santé publique puisque nous luttons contre l’endormissement au volant et ses conséquences désastreuses. Je rappelle qu’il est à l’origine de plus de 300 000 morts par an dans le monde ! L’endormissement est à l’origine de 25% des accidents mortels, et c’est la première cause de mortalité sur l’autoroute, devant alcool et vitesse.
Notre offre CORE™, commercialisée en B2B, est aujourd’hui principalement destinée aux flottes de véhicules, et plus particulièrement de camions. Concrètement, elle repose sur un bracelet connecté à notre application mobile qui va récupérer les informations brutes de la variabilité cardiaque d’un conducteur et les transformer en indice de somnolence. Cette variabilité est le reflet de l’activité du système nerveux autonome, et il agit comme un frein et un accélérateur de l’organisme. C’est grâce à cette activité que nous sommes en mesure d’estimer et prédire l’endormissement d’un conducteur. Nous sommes dans une logique opposée aux autres systèmes qui, eux, se fondent sur les comportements. L’avantage de l’approche physiologique est que nous pouvons disposer d’indices jusqu’à 20 minutes avant les signes visibles de l’endormissement. Et c’est universel ! On peut tous être mesurés de la même manière, ce qui n’est pas le cas de la mesure comportementale.

Mais au-delà de notre système d’alerte lors de la conduite, notre solution permet également de mieux gérer les risques en amont. En coordonnant les informations du conducteur avec les facteurs externes de risque (niveau de trafic, météo, type de route, heure…), nous sommes en mesure de faire des corrélations puis d’envoyer des recommandations au gestionnaire de flotte qui peut ainsi modifier les plages de conduite pour réduire les risques. Il y a une véritable optimisation à réaliser : les chauffeurs passent en moyenne 11% de leur temps en situation incompatible avec la conduite de leur véhicule.

Les chauffeurs passent en moyenne 11% de leur temps en situation incompatible avec la conduite de leur véhicule

Quelle est votre vision du marché sur lequel vous vous positionnez ?

Il s’agit d’un marché gigantesque. Entre l’Europe et les États-Unis, les coûts générés par l’endormissement au volant représentent environ 150 milliards d’euros répartis sur trois grands pôles : la perte de productivité pour les entreprises ; les dégâts matériels ; et les assurances. Pour donner un ordre d’idée, un accident de camion coute en moyenne 120 000 euros. Il faut noter également une perspective importante sur le marché des véhicules particuliers. Par exemple, le régulateur européen euro-NCAP a récemment inscrit dans sa roadmap de 2025 l’obligation pour les constructeurs automobile de mesurer l’état du conducteur. C’est une énorme opportunité pour notre technologie.

Globalement, nous constatons que nous sommes sur une véritable tendance de fond. Nous avions prévu d’équiper 300 véhicules en 2020 et nous finiront l’année avec 900 équipements. Pour 2021, ce taux de croissance sera le même, avec une prévision de 9000 équipements au lieu des 3000 que nous avions initialement prévus.

Quelle est votre histoire avec EuraTechnologies ?

Nous avons d’abord été incubés à Eurasanté. Et puis il est apparu qu’une connexion à l’écosystème EuraTechnologies pouvait dans un second temps nous apporter une impulsion pour accélérer nos développements et notre approche clients. Nous avons eu la possibilité d’intégrer le programme Scale il y a un an et demi, et les bénéfices ont été nombreux. Nous avons d’abord été impressionnés par la capacité de suivi des équipes. Au quotidien, c’est une expérience très positive car nous sommes en connexion avec différents intervenants de la filiale du transport, avec des partenaires potentiels pour nos développements, et aussi avec un réseau d’investisseurs. Finalement, avoir des locaux à EuraTechnologies est presque une excuse pour pouvoir bénéficier de l’énergie qui se dégage de cet l’écosystème.

Pour en savoir plus sur Core For Tech

Pour en savoir plus sur le programme Scale

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