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EuraTech’Day Summer (Part. 2) : le délicat exercice de la levée de fonds

16 juillet 2020

Une session importante animée par Hussam Muhieddine, manager des programmes d’accélération Scale et Rocketship d’EuraTechnologies, touchait un point sensible pour toutes les startups : la levée de fonds. Quelques conseils avisés de deux investisseurs.

EuraTechDay : la levée de fonds
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La levée de fonds est un passage incontournable pour presque toutes les startups et entreprises innovantes dans le numérique. Obtenir des financements est le levier qui va permettre de positionner l’entreprise en ordre de marche vers plus de croissance. Mais cette étape est à préparer minutieusement car elle est complexe, et engendre toujours des changements auxquels les fondateurs ne sont pas toujours préparés. « Souvent les entrepreneurs ne comprennent pas les conséquences de la levée. Les investisseurs attendent d’importants retours avec des conséquences fortes qui imposent, par exemple, une croissance sur quatre ans du type ‘3x3x2x2x’. Ça exige un rythme et une façon de travailler qui ne conviendra peut-être pas à tous les entrepreneurs », expliquait lors de son intervention Hervé Cuvilliez, investisseur chez id4 Ventures.

Bien choisir son type de levée de fonds

Pour l’entrepreneur, il est donc important de bien comprendre les enjeux dictés par une levée de fonds. Dans certains cas, il sera peut-être plus judicieux de maintenir son projet à une taille humaine ou de se réorienter dans un premier temps vers des Business Angels, dont la patience est en générale plus souple que celle des capital-risqueurs plus traditionnels. Si malgré tout le choix du capital risque est maintenu, c’est à l’entrepreneur de savoir aussi faire le bon choix. Comme l’expliquait très justement Hervé Cuvilliez, « il faut porter autant d’attention au choix des investisseurs qu’à celui de ses premiers employés. La relation avec un premier investisseur est une relation qui dure parfois très longtemps ! Mal faire son choix dès le départ peut coûter cher ».

Une histoire de personne avant tout !

Pour Hervé Cuvilliez, le tout premier filtre est avant tout humain. Logique, ce sont les fondateurs qui vont porter leur projet et une attention toute particulière sera donnée à leur profil, leurs capacités métier et de management, leur endurance ou leur vision. « La levée de fonds n’est pas pour tout le monde ! Je fais souvent l’analogie avec les sportifs de haut niveau : quand on veut être champion, la vie n’est pas facile, et très peu vont y arriver », soulignait-il.

Il y a financement et financement

Lors de son intervention Anis Bedoui, banquier d’affaires et investisseur, rappelait que pour les grosses levées de fonds les profils des investisseurs et les processus changent. Par exemple, une dilution supplémentaire ne sera pas toujours nécessaire, un financement par la dette pouvant souvent être plus adapté. Si malgré tout, une levée par prise d’action est toujours envisagée, il faudra faire attention au profil des investisseurs qui assortissent leur investissement d’un calendrier de sortie… qui ne sera pas forcément aligné avec la vision des fondateurs.

Attention également aux blocages qui peuvent tendre les relations avec les investisseurs. « Un soin particulier doit être apporté au niveau de qualité d’information qui est transmis aux investisseurs. Les tensions portent régulièrement sur la clarté des chiffres, de la gestion, ou de la qualité du management », soulignait Anis Bedoui.

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