Publié le 27/06/2018 dans Entrepreneuriat, Startups

Lever des fonds auprès d’investisseurs passionnés : l’expérience de Vitibot, dans le domaine du vin

robot bakus vignes vitibot

Accompagnée à EuraTechnologies au sein du programme Scale, la société Vitibot a réussi un tour de table de 3 millions d’euros auprès d’investisseurs du domaine du vin. Bakus, son robot viticole autonome, arrivera dans les vignes en 2019.

 

« Cette levée nous garantit nos deux premières années de développement. Nous sommes conformes avec nos prévisions sur le déploiement de Bakus » explique Bernard Boxho, DG de Vitibot.

Fondée en novembre 2016, Vitibot est une startup « industrielle » pour ses fondateurs, Cédric Bache ingénieur passionné de robotique et son père, Dominique, vigneron dans l’Aube. Leur idée : créer une machine autonome capable de réaliser tous les travaux nécessaires dans une vigne. Avec en tête, le souci de protéger le vigneron de l’exposition aux produits chimiques et des accidents, souvent nombreux et parfois mortels, avec les tracteurs traditionnels.

Des investisseurs impliqués dans le monde du vin

Conclue en juin 2018, cette première levée de fonds de 3 millions d’euros est « d’un tiers supérieur aux prévisions de ses dirigeants », preuve de l’intérêt du marché et des acteurs du domaine viticole.

« Nous voulions réunir un tour de table d’investisseurs qui apportent des fonds, évidemment, mais également un accompagnement dans notre réflexion. Nous avons plusieurs profils d’investisseurs : maisons de Champagne, coopératives et prestataires dans le domaine du vin ainsi que des industriels et spécialistes dans le domaine du développement durable ».  Leurs conseils concernent l’amélioration du prototype de robot, ses ajustements techniques, sa mise en production et sa commercialisation future.

« Selon les témoignages de plusieurs investisseurs, ils ont besoin dès aujourd’hui de ces outils qui feront la viticulture de demain » explique Cédric Bache, CEO de Vitibot.

demonstration robot viticole

Les difficultés de la levée de fonds

« Notre caractéristique de startup industrielle a fait peur à plusieurs organismes. Certaines banques n’ont pas compris notre volonté de créer un produit industriel innovant en France en 2018 » poursuit Bernard Boxho.

Les résistances à leur projet ne les ont pas du tout découragées. Vitibot est accompagnée au sein du programme Scale d’EuraTechnologies, qui accélère en 9 mois les startups situées en France. « Nos convictions ainsi que l’état d’esprit d’EuraTechnologies nous ont aidé à nous mettre dans un schéma vertueux. Nous sommes très bien entourés et stimulés par l’équipe de l’accélérateur ».

Vitibot a également bénéficié des conseils de KPMG Reims dans la mise en relation avec des investisseurs. « C’est toujours une histoire d’humain et de belles rencontres qui nous portent. »

La recherche de partenaires a démarré en octobre 2017 pour se conclure ce mois. « Comme certains nous l’avait annoncé, cela prend effectivement six mois de lever des fonds » précise le Directeur Général de Vitibot.

Echange et convictions

L’enthousiasme du milieu du vin pour le robot de Vitibot réjouit Cédric Bache, CEO de Vitibot. « Un de nos investisseurs a réussi dans le monde du développement durable et du commerce équitable. Il trouve notre projet parfaitement pertinent et s’est retrouvé dans nos valeurs ».

Une production française et la mise en valeur de l’industrie locale sont au cœur de Vitibot. « Notre relation avec nos partenaires se fonde sur des échanges bienveillants mais exigeants. Ils ont une vraie attente de notre part ».

Bakus : l’innovation robotique au service des vignerons

robot bakusLe robot Bakus constitue une avancée majeure pour la viticulture. Jusqu’à présent, les cultivateurs sont exposés aux produits phytosanitaires en conduisant des tracteurs classiques. « Bakus permet de traiter les vignes, même de nuit, sans exposer quiconque aux produits chimiques » détaille Bernard Boxho. Ce robot enjambeur permet différentes actions d’entretien des vignes : désherbage et autres travaux du sol, effeuillage et pulvérisation notamment.

« Bakus est un enjambeur électrique autonome. Après avoir identifié les coordonnées GPS de l’espace à traiter, le viticulteur pose le robot sur sa parcelle et celui-ci réalise seul ses tâches. C’est un gain de temps précieux pour son utilisateur».

Multi-usages

Ce robot, conçu comme une « plateforme d’outillage » peut accueillir différents outils pour de multiples applications. En particulier la pulvérisation confinée qui permet de récupérer les embruns de produits chimiques qui ne se déposent pas sur les feuillages ciblés. Cela permet de réduire de façon très importante l’usage de tels produits souvient bien nocifs. A terme, Vitibot vise la couverture de tous les travaux nécessaires à l’entretien des vignes.

En complément de ses batteries, Bakus est alimenté en énergie par des panneaux photovoltaïques ainsi que par l’énergie cinétique récupérée quand la machine descend une vigne. « Ce robot est capable de travailler sur des coteaux pentus à 35% pendant 10 heures ». Avec ses 4 roues motrices et son système de guidage autonome, similaire à la technologie « Lidar 3D » employée pour les véhicules autonomes, Bakus détecte les obstacles et s’adapte au terrain.

equipe vitibot

 

Deux ans de recherche et développement

L’équipe d’ingénieurs de Vitibot a travaillé deux ans avant que le robot Bakus ne voit le jour. Celui-ci, mis en marche grâce à une tablette ou un smartphone, n’a pas besoin d’être piloté ou surveillé. « Le viticulteur peut l’utiliser la nuit et vaquer à d’autres tâches à plus forte valeur ajoutée car Bakus travaille tout seul » continue Bernard Boxho. L’utilisation d’un tel robot marque également un gain financier non négligeable car « il permet de diminuer les coûts d’exploitation d’une vigne par 4 sur la plupart des tâches mécanisées».

La force de la levée de fonds

Selon le DG de Vitibot, avoir levé des fonds leur apporte « une crédibilité supplémentaire » et un « intérêt des organismes financiers ». L’entreprise, qui bénéficie d’un regard bienveillant, est maintenant identifiée comme innovante et répondant à des besoins réels sur le marché viticole. « Nous améliorons la vie des vignerons sur le terrain, c’est très positif ! ».

Une usine à Reims pour industrialiser la production
Début 2018, Vitibot a déménagé à Reims dans des locaux de 4000m2 pour mettre en place la production industrielle de son robot. Une équipe de 25 ingénieurs spécialisés dans la Robotique, l’Électronique et l’Intelligence Artificielle, travaille constamment à son amélioration. Le carnet de commandes se remplit et des robots ont déjà trouvé acquéreurs.

« Nous allons commercialiser Bakus à partir de 2019, le temps que toutes ses fonctionnalités soient parfaitement opérationnelles ». Le marché du tracteur viticole représente 1,5 milliards d’Euros par an. « Le potentiel est mondial ! » conclut Bernard Boxho.

 

 

 

> + d’infos sur Vitibot

> Retrouvez les informations sur le programme d’accélération Scale d’EuraTechnologies