Publié le 03/09/2018 dans Incubation

Programme d’incubation Start : accompagner les entrepreneurs dans l’idéation de leur concept

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Lors de sa candidature au programme d’incubation Start d’EuraTechnologies, un porteur de projet commence déjà sa réflexion lors d’un premier bootcamp. Pendant une demi-journée, les startups managers expliquent les réalités de la création d’entreprise dans le secteur du numérique. L’accompagnement commence ainsi avant l’incubation : l’objectif est de retenir des projets innovants et d’encourager les talents de demain.

 

Chaque année, EuraTechnologies accompagne plus de 100 porteurs de projets innovants en hardware et/ou software au sein du programme Start dédié aux jeunes pousses. Pour postuler à une des trois sessions annuelles du programme, il convient de remplir un dossier et de réaliser un pitch vidéo expliquant le concept d’innovation. Et élément distinctif : l’incubateur d’EuraTechnologies a mis en place un bootcamp, qui se tient à la suite de la phase de candidature écrite et vidéo.

« Ce bootcamp a pour but de conseiller les porteurs de projet avant le jury de sélection » explique Leïla Fawal, responsable du programme d’incubation Start.

Des conseils d’accompagnement

En septembre 2018, le bootcamp se déroule sur un après-midi. Les candidats assistent à des conférences thématiques afin de leur faire prendre conscience des réalités de la création d’entreprise, et notamment de celles d’une startup qui développe un projet numérique. Etapes clés de la vie d’une jeune pousse, développement et concrétisation d’une innovation, design thinking, difficultés d’une entreprise et méthode du lean-startup (démarche qui vise à tester régulièrement son prototype afin de l’adapter après les retours des utilisateurs), réalisation d’un pitch efficace… sont quelques-uns des thèmes abordés.

« En complément de l’analyse des candidatures écrites et des pitch vidéo du projet, le bootcamp nous permet de voir la personne dans un environnement d’apprentissage. Si elle est capable d’assimiler des concepts, sa capacité à travailler en groupe et à être à l’écoute, si elle est suffisamment leader pour s’exprimer en public » poursuit Leïla Fawal.

Ces temps d’instruction et de travail collectif demeurent bénéfiques au candidat car il prend conscience du chemin qu’il doit parcourir. Après le bootcamp, chaque candidat, seul ou en équipe, passe devant un jury qui détermine s’il intègre ou non la nouvelle promotion.

Des projets qui ont une valeur sur le marché

L’équipe de startups managers filtre les concepts d’innovation numériques avant l’entrée dans l’incubateur. Le but est de repérer des projets qui répondent à une « douleur client » c’est-à-dire possédant une valeur marchande et non de retenir des concepts gadgets.

« Nous leur faisons prendre conscience qu’un client paiera pour un problème qui lui pose une douleur. Un client ne paiera pas pour un besoin simplement inassouvi. » Les experts d’EuraTechnologies rappellent le cycle de vie d’un produit ou service et l’impossibilité de compter sur la viralité ou le bouche-à-oreille pour trouver des clients.

L’objectif ultime reste de proposer un produit en adéquation avec les attentes du marché.

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Se préparer à l’oral de sélection

Le bootcamp, s’il vise en effet à repérer les projets prometteurs, tend également à ne pas passer à côté des meilleurs profils d’entrepreneurs. Parfois, un candidat peut ne pas être à l’aise durant sa présentation vidéo. Son comportement en groupe et son passage devant le jury peuvent contrebalancer l’impression.

« Nous donnons aux candidats une trame de pitch afin qu’ils présentent au mieux leur concept. Nous leur rappelons la nécessité d’évoquer leur modèle économique devant le jury. Sans nos conseils, un porteur de projet sur cinq oubliait le volet économique de son projet lors de sa présentation » ajoute Leïla Fawal.

L’avertissement principal est d’éviter de placer des mots buzz autour de la disruption, de l’intelligence artificielle si le projet ne s’y prête pas. « Ubériser le marché » reste une expression trop souvent entendue qui dessert les candidats car peu concrète.

Le bootcamp permet également de mettre en relation les personnes intéressées par la création d’entreprise et par les innovations numériques. Des candidats non retenus continuent ainsi d’échanger avec des lauréats du programme.

L’idéation : une phase incontournable pour une startup

Afin d’aiguiller au mieux les porteurs de projet, EuraTechnologies a introduit un coaching dans sa phase de sélection des futurs incubés. L’idéation, qui vise à examiner son idée à travers une grille de critères pour en déceler le potentiel commercial, est un processus clé pour un entrepreneur.

Le porteur de projet qui postule au programme Start doit avoir déjà réalisé une réflexion sur son concept pour être retenu. Il a dû franchir la phase d’idéation. Lors du bootcamp, les coachs rappellent les paliers de l’idéation à travers le canevas de questionnement baptisé « Opportunity Assessment Framework ».

« Avant l’idéation, on a identifié le problème. Après l’idéation, la personne a trouvé son concept ; c’est-à-dire la bonne réponse à ce problème » complète Leïla F.

Au cours du bootcamp et de l’incubation, les contours d’un nouveau produit ou service évoluent quasi systématiquement. L’entrepreneur est amené à adapter de lui-même son concept en fonction de l’évolution de son modèle économique ou du périmètre de son produit minimum viable, un produit avec les fonctionnalités essentielles qui répond aux besoins de ses utilisateurs cibles.

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Existe-il un bon profil d’entrepreneur ?

EuraTechnologies accueille tous les profils d’entrepreneur. « La richesse de notre incubateur provient de la richesse des profils. Par exemple, Jean-François Eggericx a cofondé sa startup Elax Energie après 20 ans d’activité en tant que plombier » détaille Leïla F.

S’il n’y a pas de profil cible, l’équipe de l’incubateur se concentre sur des personnes convaincues par leur innovation, suffisamment humbles pour prendre conscience des lacunes de leur projet et à l’écoute des questionnements des intervenants. Un futur entrepreneur doit ainsi être conscient de ses limites en termes de compétences : il lui faudra par exemple rechercher un associé ou un prestataire pour réaliser les tâches qu’il ne maîtrise pas.

« Un bon entrepreneur est quelqu’un qui fait preuve d’humilité face à la gestion de son entreprise. Mais aussi quelqu’un qui ait une vision, pas à la Mark Zuckerberg pour changer le monde, mais qu’il ait une volonté sociale ou en tout cas le souhait de simplifier la vie de son utilisateur.»

Avec une moyenne d’âge entre 35 et 40 ans, les incubés du programme Start viennent d’horizons divers. Certains ont quitté leur poste en entreprise, d’autres ont eu une première expérience après une école de commerce, d’ingénieur, ou de marketing digital par exemple. Les porteurs de projet retenus à chaque session intègrent l’incubateur et le programme Start pour prouver la viabilité économique de leur innovation.

Créer sa startup au terme de l’incubation

Après la phase d’incubation de 80 jours à EuraTechnologies Lille, Roubaix (à Blanchemaille pour les projets dédiés au Retail/Commerce connecté) ou Willems (pour les projets innovants dans l’Agriculture), les porteurs de projet sont évalués lors d’un grand oral composé d’entrepreneurs et autres professionnels de la Tech. Les équipes de startups managers peuvent proposer une reconduction allant jusqu’à 9 mois supplémentaires afin de maturer leur concept, pour les projets les plus prometteurs.

« 30 à 40% des porteurs de projet sélectionnés lors de chaque promotion concrétisent leur projet de création d’entreprise après 9 mois d’incubation » précise Leïla Fawal.

 

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