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Sencrop, acteur de la révolution agricole

30 septembre 2020

Dans un monde agricole boosté par l’AgTech, Martin Ducroquet et Michael Bruniaux ont fondé Sencrop avec pour ambition d’aider les agriculteurs dans leur transformation numérique.

, Martin Ducroquet et Michael Bruniaux, fondateurs de Sencrop
EuraTech

Le monde agricole est en pleine mutation. Poussés par une attente de plus en plus forte des consommateurs qui veulent des produits plus propres et par un changement climatique annoncé, les agriculteurs se modernisent. Et ici aussi les technologies vont jouer un rôle déterminant dans l’évolution des métiers de la terre. Partant de ce constat, Martin Ducroquet et Michael Bruniaux ont fondé Sencrop avec une seule mission : aider tous les agriculteurs à prendre de meilleures décisions, grâce à des données ultra-locales, en temps réel, de leurs parcelles. Et à leur donner des outils pour les aider à se transformer.

Pourquoi et comment avez-vous créé Sencrop ?

Martin Ducroquet : Au tout départ, et comme souvent, il y a une rencontre humaine, par l’entremise de l’écosystème d’EuraTechnologies, et aussi une vision et une ambition partagée, et un déclencheur. Dans notre cas, cette étincelle est matérialisée par l’arrivée en France des nouveaux réseaux télécoms bas débits et longue portée. Il s’agissait pour nous d’une opportunité technologique intéressante pour adresser le monde agricole et proposer de nouvelles solutions. En effet, très souvent les agriculteurs évoluent en zone de couverture blanche, dans lesquelles la 4G n’est pas accessible. Ces types de réseaux apportent une solution de communication efficace pour l’utilisation d’objets connectés, ce qui constitue le cœur de notre offre.

Justement, quelles sont votre mission et votre offre ?

Martin Ducroquet : Notre mission est de permettre à tous les agriculteurs de réduire le risque dans leurs parcelles avec un impact environnemental positif. Nous leurs permettons de prendre des décisions pour réduire les risques auxquels font face tous les cultivateurs. Ces risques peuvent être aussi bien matérialisés par l’arrivée de maladies, les variations climatologiques, les ravageurs (insectes) ou encore la possibilité d’une mauvaise récolte. Le point important à souligner est que nous adressons réellement toutes les catégories d’agriculteurs, du très petit producteur à la très grande exploitation grâce à une offre financièrement adaptée, accessible et très souple.

Michael Bruniaux : Notre solution repose sur la combinaison d’un service de données accessibles depuis une application et sur le déploiement de capteurs. Grâce à l’application, les agriculteurs peuvent surveiller leurs parcelles à distance. Ils sont ainsi en mesure d’observer, d’analyser et de prendre les meilleures décisions pour mieux organiser leur temps ou optimiser la conduite des travaux. Les données de mesure sont issues des capteurs qui sont installés dans une ou plusieurs parcelles d’un agriculteur. Nos capteurs renvoient une grande variété d’informations météorologiques comme la pluie, l’hygrométrie, la vitesse du vent, la température ou les radiations solaires. Les agriculteurs peuvent également accéder, s’ils le souhaitent, à d’autres types de données qui sont fournies par des partenaires.

Le monde agricole est globalement en crise, comment adressez-vous tous les agriculteurs ?

Martin Ducroquet : Nous avons une offre très abordable. Pour nous, il est important que Sencrop soit accessible sans que ça soit pénalisant pour un exploitant. Par exemple, l’accès à l’application et ses services de base démarre à 79 euros par an. Ensuite un agriculteur peut déployer un ou plusieurs capteurs en fonction de la taille de son exploitation ou de ses besoins. Mais nous avons une approche très collaborative, qui s’inscrit dans la “sharing-economy” : un agriculteur pourra également visualiser une station agro-météo qui n’est pas loin de chez lui ou qui appartient à son groupement de producteurs (coopératives, chambres d’agriculture, négoces, syndicats de vignerons, agronomistes, …) qui a installé un parc de capteurs à l’échelle d’un canton ou d’un département, par exemple. L’agriculture est un secteur dans lequel cette « sharing economy » joue un rôle important. Et ce n’est pas récent : par exemple, le mouvement mutualiste agricole existe depuis plus d’un siècle…

Michael Bruniaux : Avec Sencrop, les agriculteurs mesurent vite le retour sur investissement. Nous voyons plusieurs grands axes de bénéfices. Dans un premier temps, notre offre permet une meilleure organisation du travail et permet mieux de définir les actions qui sont prioritaires. Ensuite, un axe important concerne la réduction des intrants, ce qui aura un impact budgétaire positif sur les résultats d’exploitation.

Martin Ducroquet : La révolution numérique dans l’agriculture est une chance pour les exploitants. D’ailleurs, les agriculteurs sont totalement partants pour accompagner ce mouvement de modernisation : ce sont des techniciens qui sont connectés, qui aiment ce qu’ils font et qui sont prêts à adopter les nouveaux usages qui sont proposés par l’AgTech.

Sencrop en quelques chiffres ?

Martin Ducroquet : Sencrop aujourd’hui c’est un déploiement de +14 000 capteurs en Europe de l’Ouest, c’est 13 000 utilisateurs connectés à notre plateforme de service, c’est une présence dans 20 pays, et enfin c’est une équipe de 75 personnes de 12 nationalités différentes qui a doublé en un an !

Quelle est votre histoire avec EuraTechnologies ?

Martin Ducroquet : C’est avant tout l’histoire de notre rencontre rendue possible par cet écosystème. C’est un endroit qui a une unité de lieu forte et qui réunit des entrepreneurs, propose des formations, met à disposition des bureaux et organise de nombreux événements professionnels. Avant d’intégrer le programme Scale il y a un an et demi, le programme de formation d’EuraTechnologies dispensé à Stanford et à Lille Stanford-Lille innovation a également été un véritable bénéfice. Cette formation de trois semaines nous a fait gagner trois ans pour voir clair sur ce qu’on devait faire. C’est un véritable booster et une source d’apprentissage accéléré.

Pour en savoir plus sur le programme Scale.

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